L'INSECURITE EN QUESTION

Par Alain KELYOR

 

Sur le plan national, la criminalité augmente de manière inquiétante,

A Emerainville, les chiffres sont supérieurs à la moyenne départementale.

 

Depuis PETAIN, la police n'est plus de la responsabilité du Maire, mais du Préfet, représentant de l'Etat, et elle en subit depuis une vingtaine d'années, les carences dues notamment au manque de moyens financiers qui lui sont alloués.

 

I – SUR LE PLAN  NATIONAL

 

Le budget de l'Intérieur pour 2001, représente 1,7% du budget de l'Etat, et les crédits  consacrés à la police nationale ne sont en hausse que de 1,86% (pour exemple, ce budget ne  permettra que le renouvellement du  tiers du parc automobile de la police nationale)

Les effectifs de la police sont en baisse (-1428 emplois)  alors que l'insécurité augmente, et rien n'a été prévu pour pallier la déficience de la formation et le manque d'encadrement des 20 000 adjoints de sécurité qui reçoivent une formation sommaire de 10 semaines et qui pourtant sont armés…

Dans les 4 prochaines années, plus de 24 000 départs sont attendus mais aucune gestion prévisionnelle  des effectifs n'a été mise en place.

Il y a donc lieu de s’inquiéter pour l'avenir, puisque :

. la criminalité globale est en forte augmentation dans toutes ses catégories sur le plan national :

. les crédits de la justice sont notoirement insuffisants.

 

Tout cela peut expliquer que l'efficacité des services de police diminue dans le temps :

de 65% en 1965, le taux global d'élucidation est passé à  23,36 % aujourd’hui

(un malfaiteur a donc actuellement  3 chances sur 4 d'échapper à la police.)

Mais ce chiffre est très variable en fonction des villes. Le commissariat de Noisiel par exemple est largement en dessous de la moyenne (18,19%).

Il peut y avoir plusieurs explications à cette inefficacité dont la principale est l'insuffisance de policiers.

En effet, si la France est le pays qui a l'un des plus forts ratios de policiers par habitant (1 pour 251, contre 1 pour 303 en Allemagne, et 1 pour 380 en Grande Bretagne), ceux-ci sont implantés en dépit du bon sens.

Paris compte un policier pour 100 habitants, la proche banlieue 1 pour 300, la grande banlieue 1 pour 800 voire 1 pour  1000.

En résumé les policiers ne sont pas là où opèrent les délinquants, ni aux heures où il faut.

Pour la gauche française, "anti-policière primaire" la sécurité n'a jamais été une priorité, sauf en période électorale. Or la lutte contre  l'insécurité est avant tout une volonté politique.

Aujourd'hui la délinquance augmente, elle est de plus en plus violente et le fait de mineurs de plus en plus jeunes.

Depuis 1998, les crimes et les délits  n'ont cessés d'augmenter

 

II – L’ETAT DOIT METTRE EN PLACE UN PLAN COURAGEUX

 

Il faut à l'échelon national un programme complet de lutte contre l'insécurité, comprenant plusieurs volets :

. politique de la ville (améliorer l'accès au parc de logement social)                     

. renforcement du rôle de la famille

. Restauration de la double fonction de l'école (accès de tous au savoir, lieu ou l'on apprend à vivre ensemble)

. En matière de justice

-          Possibilité de sanctionner les délinquants par des Travaux d’Intérêt Général

-          Prisons indépendantes pour les mineurs.

. Le rôle du Maire

-          Définir les priorités d'action locale des services de sécurité

-          Instaurer une procédure d'admonestation par l'autorité publique, en présence des parents, avec obligation de réparer et prise d'engagements dont le respect sera suivi et vérifié.

 

Ce programme ambitieux et complet, dont je n'’ai reproduit que des extraits, a été défini par le Président de la République, M. Jacques CHIRAC dans son discours de Dreux le 25 01 2001

Il nécessitera énormément d'argent et une volonté politique mais c'est aujourd'hui le prix à payer pour résoudre le problème de la sécurité au niveau national.

En attentant, l'application d'un programme gouvernemental courageux, les Maires doivent se contenter d'un rôle préventif, le répressif appartenant au Commissaire de police qui est seul détenteur de la force publique.

A peine avaient-ils le droit de doter la commune, aux frais des habitants, d'une police municipale aux  pouvoirs  limités,  que la loi Chevenement, la plaçait plus ou moins sous la tutelle du préfet !

 

III – à  EMERAINVILLE

 

La délinquance est en augmentation comme dans toute la France, et même supérieure à la moyenne départementale, mais notre ville possède sa propre spécificité, et les problèmes de sécurité sont différents selon les deux pôles qui la composent  (Hameau de Malnoue et le Bourg) :

 

Au Hameau, les stationnements sauvages des gens du voyage, sont la cause du mécontentement  des habitants.

AUJOURD’HUI, IL NE PEUT PLUS Y AVOIR  DE STATIONNEMENT ILLICITE SUR  DES TERRAINS APPARTENANT  A  LA  MUNICIPALITE

De plus, par un travail en profondeur, la Mairie, après avoir obtenu ce résultat, a persuadé les entreprises implantées sur Malnoue de protéger les accès à leurs parkings, (seuls  endroits restant pour l'installation sauvage des gens du voyage). Polyparc,  dernière zone concernée  doit se doter d'un système anti-intrusion prochainement.

 

Au bourg : le Clos d'Emery véritable ghetto, accepté en 1984 par la Municipalité socialiste de l'époque, et livré clés en mains.

Tout a été dit (voir la lettre du Maire de Décembre 1998) sur les problèmes de sécurité posés par le Clos, et sur les actions municipales réalisées depuis juin 1995.

Toutes les actions de prévention possibles sont mises en oeuvre et même si on peut toujours faire plus, cela ne changera rien.

Nous sommes face à des jeunes, en situation d'échec scolaire, qui n'ont aucun repère et un fort sentiment d'impunité. Protégés par l'urbanisme du Clos, ils forment des  bandes, développent de ce  fait un sentiment de puissance,  défendent leur territoire et organisent des expéditions vers l'extérieur.

Certes, tous les jeunes du Clos ne sont pas délinquants, mais tous sont solidaires par appartenance à un même quartier, une même culture, un même parcours social

Dès 1995, nous avons compris que seul  "l'éclatement" du ghetto par le départ volontaire dans d'autres communes, de familles entières pouvait solutionner le problème à long terme.Mais les Mairies ne peuvent imposer des candidats aux offices d'HLM, seul le Préfet possède un droit de réquisition.

Cependant, par un travail obstiné, par un tissu relationnel, des résultats sont obtenus, et plusieurs familles ont été relogées dans d'autres communes du département.

En conclusion, la Municipalité actuelle n'a pas a rougir de son bilan sur la sécurité,

(notamment  en comparaison avec la nullité des résultats de ses prédécesseurs), mais le problème se situe au niveau national, au niveau de la volonté politique des gouvernements successifs et des moyens financiers qu'ils acceptent de fournir aux magistrats  et aux policiers.