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Le SAN et les gens du voyage

Afin de respecter la loi, le SAN a construit en son temps, sur notre commune, une aire de stationnement de gens du voyage pour Emerainville et Noisiel (8 places pour Emerainville, 15 places pour Noisiel).

 Quand j’écris « sur notre commune », cela n’est pas tout à fait exact puisque Noisiel, par les hasards de l’histoire et des aberrations administratives, possède un minuscule bout de terrain en limite d’Emerainville

 Le SAN assure la gestion et l’entretien de cette aire que j’ai pour ma part critiqué fortement pour deux raisons :

 1°) le tour de passe-passe du maire de Noisiel (ex président du SAN, mais ce n’est qu’un hasard sans doute…) qui lui a permis au mépris des textes, d’implanter sur une autre commune son aire de stationnement. Je rappelle les termes de la circulaire du 5 juillet 2001, qui indique que :

« ayant une vocation d’habitat, les aires d’accueil seront situées au sein de zones adaptées à cette vocation, c’est-à-dire de zones urbaines ou à proximité de celles-ci, afin de permettre un accès aisé aux différents services urbains (scolaires, éducatifs, sanitaires, sociaux et commerciaux) ainsi qu’aux différents services spécialisés ».

 Pour la ville de Monsieur VACHEZ, nous sommes loin de respecter ce texte et je vous laisse imaginer les difficultés qui en résultent pour les gens du voyage qui ont le malheur d’occuper un emplacement de Noisiel sur l’aire intercommunale.

 2°) la construction de l’aire qui a coûté très cher pour des résultats forts médiocres.

1 500 000€ ont été dépensés, soit 65 000€ pour chaque emplacement (le coût, à l’époque, d’un appartement de 3 pièces sans compter le prix du terrain).

 Une dépense exorbitante pour un emplacement de parking et un bloc en béton servant de toilettes et de douches, le tout sans chauffage !

 En outre, actuellement, de nombreux problèmes subsistent, dûs à la mauvaise construction,  notamment le ruissellement des eaux en cas de pluie, de nettoyage des places, etc…

 Enfin, en raison d’une mauvaise gestion du site, un mouvement de révolte se dessine chez les occupants.

 

Ainsi, le 28 mai 2009, lors de la visite sur place de Madame KLEIN POUHOL, élue du SAN responsable du dossier des gens du voyage, et devant les dictats qu’elle énumère, un certain nombre de revendications ont été présentées par les locataires de l’aire qui souhaitent participer aux décisions qui les concernent :

  • a) le SAN exige le départ de l’aire de stationnement pour le 11 juin, alors que l’école se termine le 2 juillet. Aucune concertation n’a eu lieu, aucune solution n’est proposée pour permettre aux parents de faire poursuivre la scolarité de leurs enfants pendant un mois. Où est la volonté de dialogue, où est la démocratie participative que les élus majoritaires du SAN nous rabâchent à longueur d’année dans leurs programmes et leurs professions de foi. Les «hommes de progrès» se transformeraient-ils, une fois au pouvoir, en dictateurs?
  • b) l’aire de stationnement est une aire de passage, mais les locataires sont présents sur la commune de septembre à juin. Ainsi, pour continuer à affirmer qu’il s’agit bien de passage, (pour des raisons financières obscures), l’intercommunalité les oblige en début d’année scolaire, à changer d’emplacement (par exemple l’occupant de la place 10 ira sur la place 11, etc…) . Là encore, aucune consultation, naturellement.
  • c) Quid des handicapés? L’aire d’accueil ne possède qu’une place qui leur est réservé, mais le SAN a accepté d’accueillir 2 titulaires de cartes d’invalidité. Devant cette réalité, nous avons constaté que personne, au SAN n’y avait songé! La loi en faveur des handicapés est-elle respectée?

 

En conclusion, il faudrait peut être expliquer à Monsieur RICART, président du SAN, que les gens du voyage sont des êtres humains et qu’il faudrait cesser de les considérer comme de la vulgaire marchandise.

 

Je m’oppose suffisamment aux gens du voyage lorsqu’ils ne respectent pas la loi, pour ne pas être accusé de complicité à leur égard, mais aucun élu majoritaire d’Emerainville n’aurait eu la morgue et la suffisance dont ont fait preuve madame KLEIN PUJOL et les salariés du SAN vis-à-vis d’eux.